Logiquement, « ce qui ne me tue pas me rend plus forte », cependant, est-ce vraiment certain ? Nous subissons de nombreux échecs dans nos misérables vies. Misérables oui car n'oublions pas que comparées à l'immensité de l'univers, notre vie est insignifiante. S'il s'avère qu'il y a un Dieu tout là haut qui veille sur nous, nous en déduirions vite que Dieu est un enfant qui s'amuse avec une fourmilière, les fourmis vous l'aurez sans doute compris, c'est nous. Hé bien, quels échecs sont les plus douloureux dans la vie d'un être humain ? Il y a dans un premier temps, l'échec scolaire. Une des étapes les plus importantes est sans nul doute le bac, examen final de 18ans en tout d'études acharnées où l'on s'est exercé à acquérir un peu du savoir commun à tous les mortels de cette planète. Cet enseignement commence tout d'abord par le tracé de lignes droites ou en zigzag, cela déterminera si l'enfant a oui ou non un problème psychologique. Il va de soit que lorsque que vous indiquez à un chérubin de tracer une ligne toute droite et que celui-ci au contraire vous trace de nombreux petits segments, on est en mesure de penser que son existence ne sera qu'une multitude de choix qui seront de tant à autres soit bons, soit mauvais, et qu'il aura bien des soucis avant de pouvoir connaître le bonheur, s'il le connaît un jour ! J'ignore si mes droites étaient en vérité des segments, mais je suis sure d'une chose, ma vie n'est pas une ligne qui se poursuit instantanément. Lorsque j'étais jeune et innocente, les gens ne m'appréciaient pas trop. Je ne me souviens en vérité que d'une seule amie avec qui j'étais proche durant mes années de maternelles. Au primaire, j'avais toujours un nombre restreint d'amies, et au collège, on aurait pu dire que je les esquivais car je ne voulais pas avoir de problèmes. Je n'ai jamais été bien dans ma peau et je ne le suis toujours pas aujourd'hui. Je souffre d'une maladie qui frappe en général 80% des adolescents, je ne m'aime pas. Pourquoi ? Cela reste à déterminer...Voyons voir, je ne suis pas vraiment jolie, on ne peut pas dire que je sois charmante, ni mignonne...J'ai certes un Qi assez intéressant qui m'a sans nul doute été légué par mes parents, et j'ai un atout particulier qui a toujours su faire la différence entre moi et ceux de ma classe, je suis adepte d'un sport exemplaire que personne ne veut pratiquer. Qu'est-ce donc cela par rapport aux nombreuses qualités que possèdent toutes mes amies et toutes les filles que je connais ? Je ne serais jamais comme elles et d'un certain côté, je pense que ceux qui me disent que c'est bien parce que je suis originale dans mon genre n'ont pas tout à fait tord. Cependant, je n'ose pas leur expliquer combien c'est difficile d'être différent, combien on est seul dans son monde peuplé de peluches et de livres. J'ai actuellement très peu d'amies fidèles, avec qui je rigole tout le temps, et qui ne connaissent de toute évidence qu'une seule face de mon esprit. La douce et gentille, voilà comment on me qualifie. Je suis effectivement très sensible et du coup bien fragile, mais cela n'est rien car derrière ses pleurs, je me suis déjà endurcie. Mais cela est inutile car à l'intérieur, je souffre, mon c½ur est déchiré, brisé, réduit en mille morceaux ! Je ne sais même pas si je pourrais vraiment aimer un jour de nouveau...L'amour...Voilà une notion où j'échoue tout le temps ! Depuis que je suis née, je ne pense pas avoir réussi à trouver une bonne personne bienveillante qui veuille bien m'aimer pour ce que je suis et me réconforter de tous les préjudices que me fait la vie. Pourtant, ça y est, quelqu'un vient de me déclarer sa flamme, mais comme je ne suis qu'une misérable, je ne peux répondre à ses aveux...Oh je t'adore, il n'y a aucun doute la dessus, mais sortir avec toi, je ne pourrais pas...excuse moi...Je n'ais que ces deux mots pour justifier ma conduite. Je suis complètement vaincue par les déceptions, il se pourrait qu'elles se soient ancrées dans mon corps, dans mon âme sans que j'y prête attention. Non, on ne peut pas essayer jusqu'à tomber sur le bon, on ne peut pas ! Et connaître le bonheur d'une adolescente qui rentre petit à petit dans la jeunesse d'une femme accompagnée par un gentil jeune homme, cela est impossible pour moi, ce n'est pas ma vocation. Je vais mourir d'ici 5 ans...Les 23 ans signeront la fin de ma piètre existence sur Terre...Si jamais quelqu'un lit ça et arrive jute un instant à comprendre ce que c'est que d'être sérieuse et timide dans ce monde, et comment c'est dur de le vivre, j'aimerais bien qu'il me le fasse savoir...Ce qui ne nous tue pas nous rend fort...Je ne sais pas de qui est cette citation, mais je suis certaine d'au moins une chose ! Il n'avait pas traversé d'épreuves aussi dures que les nôtres qui plutôt que de nous rendre forts, nous enfoncent encore plus dans la tristesse infinie de la mélancolie...